Photographie de mariage 17 janvier 2025

Mon regard sur la photographie de mariage

Couple

Après une petite pause d’environ 2 ans, j’ai souhaité reprendre mon activité dans la photographie de mariage. Il m’a fallu pas mal de temps pour redéfinir un petit peu la manière dont je souhaite aborder ce type de photographie. J’ai beaucoup recherché la manière dont je souhaitais définir ma vision de la photographie de mariage et sortir un peu de la photographie de mariage «traditionnelle». Je ne savais pas trop dans quelle direction aller pour proposer quelque chose d’attractif et d’un tout petit peu différent de ce qu’il se fait habituellement.

Je suis un grand amateur de photographie documentaire et du courant dit «humaniste» du milieu du siècle dernier. En bon collectionneur de livre, je me nourris de beaucoup d’images de cette époque où l’humain est souvent au centre et mis en valeur de manière «naturelle» (entendez par là que les photographes de ces courants avaient une démarche documentaire plus qu’ils ne préparaient leurs scènes). Il y a bien sûr eu de tout temps de la photographie avec des mises en scène bien préparées, mais une partie de moi a un faible pour le côté plein de candeur des photos prises sur le vif. 

La photographie de mariage a ses codes, ses photos «obligatoires» et une aura propre aux mariages que bien souvent les mariés souhaitent voir apparaître sur les images. De nombreux photographes talentueux font des photos magnifiques et nous avons tous en tête le portrait du couple sous un soleil de fin de journée, lumière rasante aux teintes chaudes avec un magnifique paysage en arrière-plan. C’est très beau, certes, mais à force de voir et revoir les mêmes photos je me suis demandé de quelle manière rendre un mariage plus unique en photographie. Finalement, peu de choses différencient un mariage d’un autre quand il s’agit de photographie. Comment donc apporter ce petit plus qui amènerait une réaction telle que celle-ci: «ce que je vois là c’est unique, c’est mon mariage!».

La photographie documentaire

En y réfléchissant, je me suis posé la question de savoir ce que les mariés (souvent stressés et n’ayant pas du tout la tête à penser aux photos) souhaitent garder comme souvenir de leur mariage. Les codes dans ce genre photographique sont si ancrés dans l’inconscient qu’on ne se pose plus vraiment la question. J’ai la conviction que le plus important, au-delà des photos «traditionnelles», c’est que les mariés puissent regarder les photos prises comme s’ils étaient un invité. Je souhaiterais qu’ils puissent revivre chaque détail qu’ils ont manqué de la journée: les petites histoires qui se jouent autour d’eux, l’émotion des gens présents, petits et grands, les situations cocasses et parfois un peu décalées, les rires et les pleurs (de joie bien sûr). En lisant des dizaines de livres des plus grands photographes humanistes et de reportages, je me suis dit que la meilleure manière de photographier un mariage est peut-être d’essayer de photographier un peu comme eux. Être dans l’action, partout, mais presque invisible et de photographier tous ces moments suspendus, ces petits détails que l’on ne remarque pas forcément dans une journée bien remplie. De cette manière de devenir le regard des mariés s’ils avaient pu être des invités à leur propre mariage.

Couleur ou noir et blanc?

Je ne le cache pas, j’aime le noir et blanc, je trouve que les nuances de gris permettent de faire abstraction de ce qui est parfois en trop sur une image et de se concentrer sur le point fort. Ce point qui est bien souvent le départ d’une émotion. Il est aussi très plaisant de jouer avec la lumière en noir et blanc et obtenir bien souvent une impression un peu «hors du temps». Le noir et blanc tord un peu la réalité pour en faire quelque chose de plus flottant, de plus poétique, j’aime cette idée. J’ai toutefois bien conscience que «mariage» rime aussi et surtout avec couleur et que la plupart des gens souhaitent de la couleur pour un jour aussi important. J’ai donc eu envie de travailler également en couleur. Encore très influencé par mes livres et par les photographes couleur les plus renommés, j’essaie de travailler mes rendus couleurs pour me rapprocher de la pellicule photographique des années 50, 60 ou 70. Cela ajoute là aussi une espèce de sensation intemporelle aux photos. Mon idée est donc de proposer certaines photos qui s’y prêtent en couleur et noir et blanc, ainsi les mariés peuvent décider la photo qui leur parle le plus.

La simplicité

La photographie est pour moi avant tout un art, une photo réussie n’est pas forcément belle et une belle photo n’est pas nécessairement réussie. L’émotion que l’on va ressentir en regardant une photo va dépendre du message que l’on fait passer avec sa série ou son reportage, de l’imbrication d’une photo avec les autres et du message que le photographe va tenter de faire passer à travers sa série d’images. En appliquant quelques règles de l’art photographique et en m’inspirant des images des plus grands photographes anciens ou contemporains, j’ai envie de proposer une photographie de mariage un peu différente, plus sincère et surtout plus simple. «La simplicité est la sophistication suprême», disait Léonard de Vinci (oui, la formule a été reprise par Steve Jobs, mais il n’a fait que la piquer en fait). Ce cher Léonard nous enseigne que pour rendre les choses simples il faut passer par un processus complexe d’idées, de questionnements et de remise en question pour accéder couche par couche à quelque chose de simple. Je pense que cela s’applique aussi à la photo: voir chaque petit bout de réalité, éliminer ce qu’il y a en trop et appuyer sur le déclencheur de l’appareil photo quand l’image dans le viseur semble d’une simplicité déconcertante, lorsque tous les éléments apparaissent «en ordre».

En résumé

Pour conclure ce billet sur ma vision de la photographie documentaire de mariage, je peux en faire ressortir 3 grands axes:

  • S’inspirer des travaux des plus grands photographes documentaires et artistiques du siècle dernier aux plus contemporains
  • Travailler la couleur (ou l’absence de couleur) de son image
  • Viser la simplicité

C’est la manière dont je souhaite travailler pour créer des images qui ont du sens pour moi, que l’on a envie de regarder et de transmettre. J’espère très bientôt pouvoir mettre cette théorie en pratique et en partager les résultats sur le blog.

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